Courts Métrages 1997 ESAV


Le chemin de l'Esav


Pour évacuer les difficultés qu'il a eues tout jeune à construire son désir de faire du cinéma, pierre Schoendoerffer aime à dire que "la profession vivait dans un château dans lequel, pour entrer, il fallait être déjà"; cette formule toute kafkaïenne dénonce l'insoutenable confiscation, par quelques-uns, de l'expression cinématographique. Actuellement, le flux complexe de l'audiovisuel est encore plus convoité car il se mêle de tout, avec une certaine efficacité.
Alors rien de surprenant que le courant de la mondialisation le soumette au jeu d'une torsion qui tend à l'uniformisation de ses services et de ses contenus. Fernando "Pino" Solanas, cinéaste argentin, parle d'agression sauvage et d'un mal mortel qui menace "d'effacer les imaginaires qui distinguent les pays les uns des autres". Voilà qui est clair, le film n'est donc nullement une affaire de presse-bouton mais plutôt celle d'une activité intellectuelle qui fabrique du mémorable et qui, par conséquent, contribue à cimenter une société, à ériger son identité. Or, un petit effet de loupe sur l'histoire du cinéma montre que de Vsevolov Poudovkine à Emir Kusturica ou Arnaud Desplechin en passant par Win Wenders ou Tomas Gutiérrez Alea,
beaucoup ont emprunté le chemin de l'école et émancipé le cinéma dans une gerboyance pluraliste.

Néanmoins, I'Ecole ne peut être une brèche qu'à la condition d'offrir un terrain d'aventures à la portée de tous; un cadre propice à de nombreuses expériences de réalisation, selon des procédures chères à Lévy Strauss, où le bricolage et les tâtonnements facilitent la construction de la personnalité de l'apprenti-réalisateur, pour qu'il s'insère librement dans le métier.

Autrement dit l'accompagnement doit rendre l'étudiant un peu las du monde ancien, le connaître et le comprendre sans le déplorer, pour faire surgir l'inattendu, créer un événement, bref, faire penser et réaliser sans craindre ni l'audace ni la folie, afin que des formes cinématographiques deviennent son style.

L'ESAV qui se rapproche de ce schéma demande parfois de l'argent et du temps. Mais qui peut contester que la défense du patrimoine et de son avenir soit garantie par l'investissement qu'on lui consacre?

Guy Chapouillié


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PAS SANS NOUS

Documentaire de Pascal Renar, Nobuko Nozaki,
Simon Roca et Agnès Armain (1995).


Vidéo, couleur, 9 minutes, France.

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réalisation, écriture Pascal Renard, Nobuko Nozaki, Simon Roca et Agnès Armain
production ESAV

Pendant les mouvements sociaux de décembre 1995, deux chômeurs, un homme et une femme, retracent leur parcours professionnel, jusqu'au chômage. Ils évoquent leurs moments d'angoisse, leur révolte face à une société qu'ils qualifient de "malade". Les manifestations seront pour eux l'occasion de montrer aux autres que les chômeurs sont avant tout activement engagés dans notre société.


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GRIS, BLEU ,
ROUILLES INEXTRIMABLES

Documentaire de Jan-Nils Hansen (1997)
vidéo, couleur, 25 minutes, France.

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réalisation, écriture Jan-Nils Hansen
son
Jan-Nils Hansen
montage
Jan-Nils Hansen et José Poésy
production
ESAV

Portrait d'une ville ouvrière - le Havre - à travers les peintures d'Hervé Delamarre, et le regard de Jan-Nils Hansen. Le réalisateur poursuit son chemin, errant dans les rues de son enfance et dans les tableaux de ce peintre, lui aussi originaire du Havre.


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LA LIBERTÉ SANS RIVAGE :
LA COMMUNE DE PARIS

Documentaire-fiction de Sophie L'abonne (1997)
vidéo, couleur, 20 minutes, France.

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réalisation, écriture Sophie L'abonne
image
Christelle Fournier
son
Pascale Roquet et Isabelle Ballet
montage
Nathalie Mougenot
production
ESAV

"La liberté est sans rivage" écrit Jules Vallès, rédacteur en chef du journal "le Cri du Peuple" et élu de la Commune, en 1871. La Commune de Paris est ici traitée sous un angle pédagogique et propose, dans des scènes de fiction, le portrait de certaines figures historiques de la révolution telle que celle de Louise Michel.

 


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PEEPING JULES,
FUCKING TOM,
AND ALICE'S CRYING

Fiction de José Poésy (1996)
couleur, 4 minutes, France.

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réalisation, scénario José Poésy
image
Mattéo Samaritani
son
Jean-Christophe Levet
montage
José Poésy
production
ESAV

Jules, Tom et Alice travaillent dans la même société. Jules est quelqu'un de bizarre; il est frêle et moche et il aime Alice. Femme froide et brisée, Alice a envie de tout arrêter, car plus rien n'a d'importance à l'exception de Tom. Puissant personnage, Tom ne supporte pas l'éventuelle défection d'Alice. Il envisage de sauver Alice grâce à Jules, convaincu qu'à eux trois ils feront un "couple merveilleux".