Communiqué de presse N °5

MELBA,

quelqu’un que nous avons bien connu

La guerre déclenchée par les chasseurs et les bergers contre la réintroduction des ours dans les Pyrénées est une guerre perdue d’avance par la gente oursaillère.

Symbole d’un paradigme perdu dans lequel l’homme vivait en bonne intelligence avec les animaux, MELBA l’ourse immigrée des Pyrénées a été abattue par un chasseur du week-end, le samedi 27 septembre 1997.

MELBA avec sa caméra c’était aussi le logo du festival de cinéma RESISTANCES de Tarascon sur Ariège.

Tant que les chasseurs n’auront pas compris que l’ours n’est pas l’ennemi héréditaire qu’il faut abattre, concurrent sur le même espace vital mais, au contraire, la preuve par la vie d’un équilibre écologique dans lequel chacun a sa place, MELBA et ses petits n’auront aucune chance..

Pour qui a vécu en montagne, il est de notoriété publique que les centaines de brebis égorgées chaque année ne le sont pas par les ours mais par les chiens errants.

Pour sauver les troupeaux qui pâturent en estives il aurait été préférable de mener une campagne pour le contrôle des chiens et la responsabilité pénale de leurs maîtres plutôt que de désigner comme bouc émissaire, le seul animal symbolique de nos montagnes, populaire pour les enfants comme pour les adultes.

Désigner MELBA comme l’ennemi des bergers c’est ajouter à la confusion en protégeant les véritables responsables du déclin de l’élevage ovin.

Dans d’autres pays les ours en liberté sont devenus les amis des touristes qui les côtoient sans leur braquer stupidement un fusil sur le ventre.

Il s’agit pourtant de l’ours des montagnes Rocheuses d’un gabarit autrement impressionnant que " Lou Moussu " des Pyrénées.

MELBA a résisté quelques mois à tous ceux qui étaient lancés à ses trousses, elle s’est sacrifiée pour sauver ses oursons en faisant face aux chiens et aux hommes qui la traquaient.

Quelles montagnes léguerons nous à nos enfants lorsque nous auront fait la preuve qu’avec un fusil 7,64 nous sommes en mesure d’éradiquer tous les animaux encore libres ?

Le respect de la vie sauvage, dans son cadre naturel, avec ses équilibres écologiques est la garantie d’une société adulte pacifiée. Nul besoin de faire la preuve que l’homme, le berger ou le chasseur est le plus fort . Nul besoin d’accrocher au mur la tête de MELBA pour faire la preuve de son courage.

Que l’assassinat de " LOU MOUSSU* " puisse en faire réfléchir certains.

Tarascon le 28-09-1997


*" Lou Moussu " (le Monsieur), nom donné à l’ours dans les Pyrénées

clef le film " Garderem lou Moussu " de Marianne BERNARD, présenté lors du premier festival de cinéma " RESISTANCES " de Tarascon sur Ariège.