logodep.gif (3066 octets)

ARIEGE, Lundi 8 juillet 1997


Résistances

Immense succès pour la première journée


La première Journée du festival international de films a connu un beau succès, on a refusé du monde dans les deux salles de projection et le débat avec Bertrand Tavernier et Ken Loach a du se dérouler à l'extérieur sur les parvis du centre multimédia par manque de place.

La journée s'annonçait belle et le soleil et la température qui avaient boudé ce début du mois de juillet, était de retour, pour accueillir les festivaliers du ler festival international de films : «Résistances ».

Les séances du matin et de l'après-midi avec « Les cathares » de S. Lorenzi, « La guerre sans nom» de Bertrand Tavernier, ainsi que « Les camps du silence » de B. Mangiante ont affiché complet et les organisateurs ont même du refuser l'entrée à une centaine de cinéphiles par manque de place.

Bertrand Tavernier et Ken Loach étaient dans la ville dès le début de l'après-midi où ils étaient reçus à l'hôtel de la Poste pour une rencontre conviviale au bord de l'Ariège avec les médias (TV, radio et presse).

Bertrand Tavernier avec le bagout et la conviction qu'on lui connaît, réaffirmait son esprit de résistance par sa participation à ce festival et à ce qu'il représente. « Mes films disait-il sont animés par un esprit de résistance ». « Je constate l'attitude sidérante et irresponsable des politiques, qui ne savent plus écouter les gens ». « Mes films et ceux de Ken Loach poursuivait-il ne sont pas des cours du soir, des sermons, des oeuvres à thèse, ils dérangent et font rire, je suis un spectateur très admiratif des films de Ken Loach, il reste fidèle à ses engagements, le système ne l'a pas démolit ».

Bertrand Tavernier connaît bien l'Ariège pour y avoir tourné «La passion Béatrice» et a beaucoup apprécié y travailler.

A son tour le réalisateur anglais Ken Loach, né dans une ville minière des Midlands, affirme «j'ai passé au moins autant de temps à défendre mes films qu'à les faire ».

Chroniqueur attentif et passionné des « petites gens » et de ce qu'il appelle « le monde du travail » Ken Loach est resté en trente années de carrière, un réalisateur engagé. Il explique :

« 10 000 personnes sans logement à Londres ce n'est qu'un chiffre, mais si l'on montre ce que cela signifie pour ces gens en question, l'angoisse, la douleur qu'ils éprouvent, alors ça prend tout son sens ». « Je suis surtout intéressé par les individus considérés en tant qu'être sociaux, vivants dans un contexte, par leur existence, par ce qui leur arrive ». Ken Loach a découvert notre département au cours de cette journée et trouve l'Ariège magnifique.

Un débat enrichissant

Le débat avec les deux grands réalisateurs qui devaient se dérouler dans la salle principale du centre multimédia, dut être déplacé à l'extérieur sur les parvis. La présence de Bertrand Tavernier et de Ken Loach avait amené un monde fou à Tarascon. Catherine Dubuisson et toute son équipe n'avaient pas prévu une telle affluence, mais le soleil était présent et les chaises furent sorties pour l'occasion. Michel Naudy, journaliste producteur à FR3, dirigea les débats avec beaucoup de pertinence, et cette installation inattendue et improvisée participa à une relation de communications et d'échanges, entre un public interrogateur, qui parfois résistait et deux réalisateurs qui surent respecter le public, comme ils savent le faire dans leurs films. Un mélange particulier d'interrogation du «réel » : « les sans-papiers, la disparition de Pechiney », d' indignation, de modestie énergique, de courage optimiste et d'humour.

Peut-être pour ces deux hommes-là, une affaire de morale.

Et si l'on cherchait où est le pouvoir d'un film, en quoi celui ci amène à la résistance ?...

Si ce n'est que ce pouvoir de changement est en chacun de nous et qu'il ne peut se mesurer.

Françoise Borie