
ARIEGE, Lundi 8 juillet 1997
Résistances
Immense succès pour la première journée
| La première Journée du festival
international de films a connu un beau succès, on a refusé du monde dans les deux salles
de projection et le débat avec Bertrand Tavernier et Ken Loach a du se dérouler à
l'extérieur sur les parvis du centre multimédia par manque de place. La
journée s'annonçait belle et le soleil et la température qui avaient boudé ce début
du mois de juillet, était de retour, pour accueillir les festivaliers du ler festival
international de films : «Résistances ». A son tour le réalisateur anglais Ken Loach, né dans une ville minière des
Midlands, affirme «j'ai passé au moins autant de temps à défendre mes films qu'à les
faire ». |
Chroniqueur attentif et passionné des «
petites gens » et de ce qu'il appelle « le monde du travail » Ken Loach est resté en
trente années de carrière, un réalisateur engagé. Il explique : « 10 000 personnes sans logement à Londres ce n'est qu'un chiffre, mais si l'on montre ce que cela signifie pour ces gens en question, l'angoisse, la douleur qu'ils éprouvent, alors ça prend tout son sens ». « Je suis surtout intéressé par les individus considérés en tant qu'être sociaux, vivants dans un contexte, par leur existence, par ce qui leur arrive ». Ken Loach a découvert notre département au cours de cette journée et trouve l'Ariège magnifique. Un débat enrichissant Le débat avec les deux grands réalisateurs qui devaient se dérouler dans la
salle principale du centre multimédia, dut être déplacé à l'extérieur sur les
parvis. La présence de Bertrand Tavernier et de Ken Loach avait amené un monde fou à
Tarascon. Catherine Dubuisson et toute son équipe n'avaient pas prévu une telle
affluence, mais le soleil était présent et les chaises furent sorties pour l'occasion.
Michel Naudy, journaliste producteur à FR3, dirigea les débats avec beaucoup de
pertinence, et cette installation inattendue et improvisée participa à une relation de
communications et d'échanges, entre un public interrogateur, qui parfois résistait et
deux réalisateurs qui surent respecter le public, comme ils savent le faire dans leurs
films. Un mélange particulier d'interrogation du «réel » : « les sans-papiers, la
disparition de Pechiney », d' indignation, de modestie énergique, de courage optimiste
et d'humour. Françoise Borie |