
ARIEGE, Lundi 9 juillet 1997
1 er festival international de films de "Résistance"
La résistance retrouvée
| Deuxième
journée pour le festival Résistances. Les spectateurs soutiennent de plus en plus la
programmation cinématographique et les débats réinventent l'engagement personnel. La journée du lundi s'est annoncée sous les
meilleurs auspices. Il faut dire que le festival avait connu dès son premier jour un
incroyable succès. La projection en plein air, dimanche soir, de la « Guerre des
Demoiselles » avait, en effet, drainé un public de plus de 200 personnes sur la place
Garrigou et « Raining stones » ou encore « Underground » avaient connu la même
ferveur. |
La
venue plus tard dans l'après-midi du film de Christophe d'Hallivillée «Aurélia» a
relancé la thématique selon laquelle les médias sont les nouveaux bourreaux
idéologiques de l'homme moderne. Ce message, pessimiste pour certains, rédempteur pour
d'autres, a trouvé des échos auprès des cinéphiles présents et des personnalités
conviées à débattre. Une scène où il est montré la destruction d'une télévision a
particulièrement retenu l'attention des spectateurs. Le jeune réalisateur a justifié
les différents choix de sujets opérés dans son premier long métrage. Son distributeur
Klaus Gerke s'est résolument et définitivement rangé dans le camp des résistants et a
appelé au retour du cinéma de proximité. Toutefois, comme l'a souligné Aline Paillet, députée européenne, la discussion n'a pas su rebondir sur cette éminente problématique. Les interventions se sont caractérisées par un éclectisme propice aux prises de bec et aux propos déroutants, voire farfelus. Le professeur Serge Regourd a tenté de recentrer le débat et a fait état d'une distinction élémentaire qui oppose selon lui les films sur la résistance et les films de résistance. Peine perdue puisque l'effusion a repris le dessus et les grands thèmes sociaux sont revenus au cur des discussions. Le droit au travail notamment a provoqué des prises de position animées et controversées. Les questions soulevées, bien que n'ayant parfois qu'un rapport lointain avec le thème initial, n'ont pas pour autant manqué d'intérêt. La salle s'est montrée particulièrement active et chacun, qu'il soit jeune et découragé ou militant convaincu, a pu faire entendre son opinion. Un seul point a fait l'unanimité : « Faire du cinéma, c'est faire de la résistance. » Une heure trente de débats a quand même eu le mérite de souligner l'importance que les acteurs sociaux accordent aujourd'hui à ces forums d'expression. L'indifférence et l'inertie générale caractéristiques des années « 80 » cèdent, semble-t-il, la place à un regain d'engagement. Les organisateurs du festival ne peuvent que se féliciter d'être les auteurs d'un nouvel espace de résistance Edith IZQUIERDO. |