« Résistances »
EDITO 1997
Ariège et résistances, un couple millénaire.
Cathares et Protestants face à l'église catholique, seigneurs occitans face à la main mise des rois de France, "Demoiselles" face à l'administration centrale, maquis de la Crouzette face au nazisme, réfugiés espagnols face au franquisme, utopie communautaire face aux idées reçues, l'ourse Melba face aux bergers...
Le Festival Résistances y a naturellement trouvé sa place.
De la révolte des Demoiselles d'Ariège à celle des Dockers de Liverpool, 60 films témoignent lucidement de la barbarie humaine dans sa volonté de destruction, mais aussi du courage de ceux qui n'acceptent pas, en Ariège et ailleurs.
Source d'enseignement et d'espoir, les valeurs des résistances d'hier peuvent-elles être un héritage pour les résistances d'aujourd'hui ? L'uvre de Ken Loach s'inscrit dans cette interrogation. Nous avons donné à ses films une place privilégiée.
Présenter des films c'est donner la parole à leurs auteurs. La création artistique, plus que l'objectivité des historiens, reflète le monde. Les artistes sont les interprètes d'une histoire que les livres ne nous enseignent pas toujours.
Leurs films sont des lieux de mémoire. Celle des résistants, des guérilleros, des immigrés, des exclus, celle aussi des choix de vie différents et sûrement dérangeants.
Ils ont été nombreux à nous accompagner dans cette aventure qu'est la naissance d'un festival de films, aux côté de l'ourse Melba, immigrée réfugiée dans la forêt d'Ariège et emblème du festival. Ils seront nombreux aussi à venir à la rencontre du public pour parler de leurs films.
60 films, ce n'est pas assez pour rendre compte de la richesse de la production cinématographique contemporaine, pour témoigner des résistances à travers le monde. Cependant, puisse cette première édition apporter aux spectateurs autant de réflexion que de plaisir.
Les magnifiques peintures des grottes préhistoriques autour de Tarascon préfiguraient-elles les images de nos écrans du XX" siècle ?
Si la vocation des lieux diffèrent, le plaisir du regard a peut-être traversé les âges jusqu'au spectateur que nous sommes.
Déléguée
générale
